Edito juridico-ludique n°2

Cher avocat et avocat cher

Il est des mots de la langue française qui, du fait d’une homophonie parfaite, créent les plus beaux qui pro quo. Pas plus tard que la semaine dernière, je fus entrainée dans un échange sans queue ni tête, sans début ni fin, en un mot sens dessus dessous ! Mon oncle Eugène, dont le fils aîné est entré dans les ordres pour la plus grande fierté de sa mère, tandis que le cadet est entré au barreau (la mère ne s’est pas prononcé sur ce choix), me disait l’autre jour que son fils – sans préciser lequel – montait les enchères tous les dimanches. La communication n’était pas très bonne, peut-être faut-il le préciser pour une meilleure compréhension du dialogue qui suit.

–       Il monte les enchères ? En salle des ventes ou sur internet ?

–       Mais non, il monte en chaire !

–       Mais ce n’est pas un péché ? Pour un prêtre ?

–       Quel prêtre ? Je te parle d’un avocat cher…

–       Casher ? Pour un prêtre ?? Là, je ne comprends plus rien !

–       …

Je vous passe les interminables minutes de ce dialogue de sourd et vous en livre directement l’épilogue. Son fils, le prêtre, qui officie à Thore la Rochette (Loir et Cher), aime effectivement la bonne chère, mais là n’était pas le sujet. Il me parlait en réalité de son fils avocat – mon cher cousin – dont les honoraires sont tout à fait raisonnables. Quand la cousine Berthe l’a consulté pour son histoire de noyaux de quetsches, de dentiste fou et de roulette russe, je peux vous assurer qu’il lui a évité de grosses dépenses, voire pire. Une sordide histoire qui donne la chair de poule…