Edito juridico-ludique n°6

La caste des avocats

Je vous ai déjà parlé de ma fille ? L’avocate surdouée ? En même temps, je n’en ai qu’une… Cette graine de génie, comme on l’appelle dans la famille, a toujours tout réussi depuis son premier puzzle jusqu’à ses études brillantes et solitaires : elle est sortie major, ou presque, de l’école du Barreau. Elle connaît sur le bout des doigts le code civil, le code pénal, le code de procédure civile, le code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure et le code de la route.

Pas étonnant que le prestigieux cabinet international Watson, Watson & Brothers lui ait mis le grappin dessus !

Pourtant, dès son premier jour, Watson (l’autre) l’a mise en garde : « Votre période d’essai ne saurait être validée si vous ne maîtrisez pas le code comportemental. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il prime indiscutablement sur tous les autres, n’est-ce pas ? ». Elle était effectivement sans le savoir, mais n’en a pas pipé mot…

750 pages et 2 413 articles plus tard, elle n’était plus tout à fait la même, expliquant, à qui voulait l’entendre, qu’un cabinet d’avocat n’était pas une entreprise comme les autres : les associés ne parlent pas aux simples collaborateurs, les collaborateurs n’adressent pas la parole aux non-juristes, et les assistant(e)s baissent les yeux devant les membres des autres castes.

Autant dire que pour moi, cela complique un peu les choses : en tant que client, à qui ai-je le droit de m’adresser ?